Je vous propose le témoignage de Moineau qui a installé, dans son appartement, un lombricomposteur qu'elle a fabriqué  :

"Je consomme beaucoup de fruits ou de légumes et jusqu'à présent j'étais toujours frustrée de jeter mes déchets verts. Chez mes parents, tout cela fait le bonheur des poules, mais chez moi, en appartement et sans terrain, pas moyen d'accueillir des cocottes ou de faire un composteur ! Et l'idée me révoltait d'imaginer que ces déchets verts finissent à l'incinérateur, ce qui revient à brûler de la matière organique et, surtout, de l'eau : vive l'absurde et la dépense inutile d'énergie...

Après avoir passé quelques soirées d'hiver sur les forums et blogs d'adeptes du lombricompostage, je me suis dit que c'était la solution idéale : il suffit d'acheter ou de bricoler le composteur, d'y apporter des lombrics (disponibles sur internet) dans le composteur d'un ami ou dans le tas de fumier d'un fermier voisin et ce sont ces auxiliaires besogneux qui font tout le travail.

J'ai donc décidé de sauter le pas en mars dernier. Comme je ne savais pas si j'allais réussir et pour avoir moins de remords en cas d'échec, j'ai préféré limiter le budget et donc bricoler mon composteur plutôt que de l'acheter (les prix sont encore un peu hauts à mon avis, mais chacun est juge).

J'ai donc récupéré quelques caisses gerbables, fait une petite heure de bricolage pour percer tous les trous et boucher les ouvertures des caisses, avant de commander mes futurs colocataires sur internet.

Au début, j'ai eu quelques petites galères : des petites "fuites" de vers, mais loin d'être assez contrariantes pour abandonner !

En fait, les 2 premières semaines de démarrage peuvent être délicates. D'abord, parce que les lombrics souffrent du transport (ils détestent les vibrations : pour eux ça annonce la pluie, l'instinct leur dicte de fuir pour ne pas se noyer) ensuite, parce que les premiers jours le composteur n'est pas "accueillant" parce qu'il ne contient pas encore les bonnes bactéries et, enfin, parce qu'il y a toujours des bêtises de débutants !

Pour ma part, j'ai fait quelques erreurs au début : faire tourner la machine à laver à côté du composteur les premiers jours... encore des vibrations ! Depuis ils ne semblent plus y réagir. Et j'ai aussi péché par enthousiasme : je les ai trop nourri au départ, alors qu'ils n'étaient pas encore "installés" et, surtout assez nombreux, cela a dû "déséquilibrer" un peu le milieu et inciter aux fuites.

Pour éviter ça, il faut être très patient au départ : d'abord de petites quantités de déchets verts, augmentées progressivement, le temps que les vers se reproduisent.

 

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Image le lombricompostage.fr

Aujourd'hui je mets tout dans mon composteur (sauf bien sûr les indésirables : viande, produits laitiers, agrumes, oignons, poireaux.) Et les premiers temps, avec les "fuites", comme il n'est pas très agréable de tomber sur un ver desséché sur le sol, on m'a conseillé d'installer le composteur dans le bac de douche, avec un peu d'eau au fond : cela permet de retrouver les fuyards dans ce périmètre et avant qu'ils se déshydratent. Maintenant, c'est très rare que je retrouve un ver hors du composteur. Et quand c'est le cas, ce n'est pas "sale" : ces fuyards malheureux sont secs, donc un coup de balai et retour au composteur pour nourrir les amis !

Mon autre grosse inquiétude, c'était les odeurs. Mais même cet été, je n'ai pas eu de désagréments, malgré les chaleurs et mon logement très mal isolé (jusqu'à 29°C même la nuit...). Cela peut sentir parfois quand on a mis beaucoup de déchets d'un coup et qu'on ouvre la boîte. Mais ça sent surtout l'humus, et même ma mère, qui a pourtant l'odorat redoutable, a avoué que la présence du composteur n'était pas dérangeante. Du coup, depuis le début mon composteur reste dans mon appartement, jamais eu besoin de l'évacuer sur le balcon ! Ce qui permet d'avoir des conditions beaucoup plus stables qu'en extérieur, en le gardant à l'ombre et dans des températures idéales de 15-25°C.

Je n'ai pas encore récolté de compost et j'ai sûrement encore quelques habitudes à améliorer. Mais je ne regrette pas ma décision et je suis admirative de voir à la vitesse à laquelle mes déchets disparaissent sans désagrément et sans prendre de place démesurée !

J'ai vu sur des forums que certains avaient installé le lombricomposteur en studio, dans la cuisine, dans un placard sous l'évier... Comme quoi, bien tenu, les désagréments sont limités et, après tout, ce n'est pas moins hygiénique qu'une poubelle ou une litière à chat.

Même si je ne suis pas encore une "pro", ne pas hésiter à me demander des précisions sur les bêtises que j'ai pu faire pour éviter les désagréments. Et il y a aussi des forums, blogs ou FAQ assez bien faits ici ou là .

Et pour les enfants : Twist le lombric

J'espère avoir incité quelques indécis à sauter le pas ! "

Et vous ? Avez-vous installé un lombricomposteur chez vous ?